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    Présentation
    Conférence sur les racines africaines de la musique cubaine

    Présentation des facteurs historiques qui ont amené sur l'île de Cuba des cultures africaines très fortes, encore influentes de nos jours.
    Cette conférence permet de découvrir des univers musicaux méconnus malgré le rôle crucial qu'ils ont joués tout au long de l'histoire de la musique cubaine.

    Récit illustré "en live" par des musiciens.
    Quelques éléments...
    Folklore Afro-Cubain:

    Le terme afro-cubain signifie, de façon précise, la ou les musiques d'origine africaine de l'île de Cuba. La musique cubaine, d'un point de vue général, doit son existence à la fois à la musique d'Afrique de l'Ouest, mais aussi à celle de la péninsule ibérique, sans oublier l'apport d'éléments franco-haïtiens (la contredanse), chinois (carnaval), italien (opéra). Ainsi, sur cette île appelée autrefois "l'île Fernandine", on peut aujourd'hui trouver des folklores africains ou européens tels qu'ils étaient au siècle dernier sur leur continent d'origine, et une musique contemporaine divisée en trois groupes:

    - afro-cubaine
    - populaire
    - dite "classique".

    Ainsi quand on parle de musiques folkloriques africaines à Cuba, ressortent aussitôt quatre ethnies principales représentées par leur liturgie, leur langue et leur musique: les Yoruba (Nigeria), les Bantu (Congo), les Calabar (Cameroun) et les Arara (Dahomey). Enfin, il faut savoir que tous ces gens d'Afrique ont influencé fortement deux styles de musique nègre de Cuba: la Rumba et la Conga, qui sont deux expressions essentielles pour le peuple cubain.
    Les Yoruba et l'Afrique:

    Le terme Yoruba rassemble différentes tribus d'éleveurs et cultivateurs qui parlent la même langue, sans pour autant être unifiés politiquement. "Yoruba" est donc une dénomination linguistique, même si ces différents peuples sont liés par la même culture et la même religion. On pense qu'entre le Xème et le XIIIème siècle, le grand empire de Ifé connût son apogée, s'étendant du Ghana actuel jusqu'aux vallées du Niger. Ensuite cet empire fut divisé en petits royaumes centralisés autour de grandes cités (certainement les plus grandes d'Afrique de l'Ouest), jusqu'au XIXème siècle. L'extermination presque totale des Siboneyes et Taïnos qui vivaient dans les Caraïbes à l'arrivée de Colomb, sera la cause majeure de l'expansion du trafic négrier. Pendant quatre siècles les Ewe, Oyos, Isosa, Ljebu, Egba, Ekiti, Orido,... tous Yoruba, vont émigrer malgré eux vers Bahia (Brésil), La Havane (Cuba), la Nouvelle Orléans (USA).
    Les Lucumi (Cuba):

    Une des tribus Yoruba: la Ulkumi, apparaît dès 1728, mentionnée dans les livres de bord des négriers. Ulkumi est sûrement à l'origine du terme lucumi, dénomination utilisée très longtemps à l'égard de tous les Yoruba qui arrivaient sur l'île de Cuba. Les premiers d'entre eux débarquent en l'an 1524. De 1524 à 1886 (date officielle de l'abolition de l'esclavage pour les comptoirs espagnols) la mémoire de ces peuples sera entretenue avec les allers et retours incessants des bateaux bretons, castillans, galiciens... Aujourd'hui à Cuba, le folklore lucumi est sans doute le folklore africain le plus varié, le plus complet de toute l'île, et c'est à partir de ce même folklore que les Cubains ont créé un système religieux syncrétisé: la Santeria.